Aujourd'hui, il existe des méthodes fiables de dépollution des terres souillées par les activités humaines. Et ce sont les plantes qui jouent les vedettes.
Dans les pays de l'Europe, on recense 16% de terres gravement dégradées par l'homme. C'est pour cela que les ministres de l'environnement européens s'attèlent depuis quelques temps à trouver des solutions de dépollution.
Et l'une d'entre elles semble en bonne voie de réussir
Une solution douce
C'est dans le nord de la France, dans une région touchée par le plomb qu'écologistes et scientifiques expérimentent la dépollution par les plantes.
Les alentours de l'usine Métaleurop sont en effet plantés d'armerias et de cardaminopsis, deux espèces fort gourmandes en plomb ! Car le sol ici en regorge : jusqu'à 10 fois la norme autorisée pour les terres agricoles. D'ailleurs, cinq études sanitaires révèlent que les salariés et les riverains ont tous du plomb dans le sang et certains enfants souffrent même de saturnisme.
Pourtant, malgré les rejets de l'usine, des chercheurs locaux ont noté la présence de plantes forts bien adaptées à cet environnement pollué. Ils les ont donc étudiées puis plantées en masse autour de l'usine. Et en septembre prochain, ils couperont leur première récolte de moutarde, luzerne et fromental. Le foin sera ensuite incinéré, puis, les cendres traitées dans l’usine Métaleurop afin d’y récupérer…le plomb. Retour à l’envoyeur, en quelque sorte.
Reste que pour en arriver là, les écologistes locaux ont du batailler ferme durant 20 ans. En effet, Metaleurop niait la gravité de la pollution et ne voulait rien faire. Aujourd'hui, hasard de la vie, la société se réoriente vers le recyclage du plomb des batteries et s'intéresse donc à la dépollution. Elle avoue désormais consacrer 30 % de ses investissements à l'environnement...
Seul point noir de l'affaire : pour dépolluer les abords de cette usine, il faudra quand même dix à quinze ans de labeur.
Une technique douce qui s'applique partout
Parce qu'elle est simple à mettre en œuvre et surtout peu onéreuse, la dépollution par les plantes peut s'exporter dans tous les pays, même les moins riches. En plus, dans les pays chauds, on obtient jusqu'à deux à trois récoltes par an (contre une seule en zone tempérée) et les sols sont donc dépollués bien plus vite. Il ne reste plus qu'à faire connaître cette technique et à l'exporter dans les pays du sud qui, trop souvent, ont été transformés par les industriels occidentaux en véritables poubelles de la planète.
M.A
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