Présentation des orchidées
Les orchidées représentent une famille très diversifiée, réputée pour être la plus évoluée du règne végétal. On en compte environ 30.000 espèces réparties en 700 genres. Ces plantes sont présentes sur tous les continents et sous toutes les latitudes sauf au niveau des pôles.
Elles font preuve d’une étonnante diversité de formes, de couleurs, mais aussi de parfums (pas toujours pour le plaisir du cultivateur). Elles ont très tôt provoqué un véritable engouement de la part des chinois et japonais (Fu-Ran – entre autres -) avant de séduire de riches collectionneurs occidentaux qui, au XIXème siècle, employaient des chasseurs d’orchidées afin d’alimenter leurs serres, au détriment de la conservation des plantes dans la nature.
Aujourd’hui, fort heureusement, nul n’est besoin d’être fortuné ni d’exploiter les ressources naturelles pour voir prospérer ces plantes chez soi !
Habitat naturel
La plupart des espèces tropicales sont épiphytes, ce qui signifie qu’elles poussent sur les branches des arbres (sans les parasiter) pour aller chercher la lumière. L’occupation de cette niche écologique a entraîné l’évolution de ces plantes vers une gestion optimisée de l’eau.
Ce comportement implique :
- l’adaptation des racines, qui tour à tour jouent le rôle d’éponges ou de citernes.
- l’adaptation des feuilles, devenues épaisses et vernissées pour limiter l’évaporation.
- la mise au point chez certaines d’un organe spécialisé dans la mise en réserve d’eau et de sucres : le pseudo-bulbe.

Pseudo-bulbes d’Odontoglossum Racines de Phalaenopsis
A côté des épiphytes, il existe aussi des orchidées terrestres, souvent plus capricieuses en culture que leurs parentes aériennes. On peut citer entre autres les genres Phragmipedium, Disa, Habenaria, Ludisia, Macodes, ainsi que toutes les orchidées de climats septentrionaux.
A quoi reconnaître une orchidée ?
La fleur présente une symétrie verticale avec trois sépales (un dorsal et deux latéraux) et trois pétales, dont l’un, normalement plus tarabiscoté que les autres est appelé « labelle ». A partir de cette définition générale, il existe d’innombrables variations dotées de pétales complètement invisibles par rapport aux sépales (Masdevallia…), de sépales latéraux soudés (Paphiopedilum, Phragmipedium) et bien d’autres encore...
Rhyncholaelia digbyana Masdevallia hybride
L’autre particularité de la famille est d’avoir regroupé les organes reproducteurs en un seul et même organe appelé « gynostème » ou « colonne ». Placé à son extrémité, le pollen n’a plus l’aspect d’une poudre au bout des étamines : il est au contraire aggloméré en « pollinies » solides. Quant au stigmate, il prend le plus souvent la forme d’une cavité placée sur la face inférieure de la colonne.
Les plantes quant à elles ont des aspects très divers, liés à l’habitat où elles croissent. On distingue néanmoins deux types de plantes par rapport au type de croissance :
ü Les orchidées sympodiales.
Elles possèdent (comme les Iris des jardins) un rhizome s’allongeant au rythme de la croissance, en formant entre chaque segment des tiges ou des feuilles, ces dernières étant parfois rattachées à un pseudo-bulbe. La croissance sympodiale concerne la majorité des orchidées cultivées (Cymbidium, alliance Odontoglossum, Cattleya, Zygopetalum, Masdevallia, Restrepia) mais aussi celles de nos latitudes. Les Paphiopedilum et Phragmipedium sont également sympodiaux, mais ne disposent d’aucun organe de réserve.
Paphiopedilum armeniacum Restrepia elegans
ü Les orchidées monopodiales.
Elles poussent toute leur vie à partir d’une tige unique pouvant parfois se ramifier (Vanda, Phalaenopsis, Angraecum…). Elles n’ont pas de pseudo-bulbes, et les inflorescences apparaissent à l’aisselle des feuilles. L’absence de réserves signifie que ces plantes auront une croissance continue, et devront être entretenues à l’identique toute l’année.
Angraecum leonis Ascocenda (Vanda x Ascocentrum) John de Biase
La culture des orchidées
C’est un domaine très vaste car il existe autant de besoins spécifiques que de zones climatiques. Toutefois, on peut classer les besoins culturaux en fonction de plusieurs paramètres différents.
Température :
On la découpe en trois catégories climatiques.
Climat froid : température diurne de 13 à 20°C, température nocturne de 8 à 16°C
Climat tempéré : température diurne de 16 à 22°C, température nocturne de 12 à 18°C
Climat chaud : température diurne de 19 à 26°C, température nocturne de 16 à 20°C
Luminosité :
Elle se mesure traditionnellement par rapport à l’orientation de la pièce où on souhaite cultiver les plantes. On choisira de préférence une exposition à l’Est ou à l’Ouest pour la grande majorité des orchidées. Le Sud conviendra surtout aux Vanda, qui exigent quelques heures de soleil par jour et apprécient les fortes chaleurs, tandis que seuls la plupart des Phalaenopsis et Paphiopedilum se satisferont d’une exposition Nord. Une alternative intéressante, que nous employons depuis maintenant quatre ans grâce au matériel de indoorgardens, consiste à utiliser les lampes horticoles pour compenser le manque de lumière en appartement.
Eau :
Les plantes disponibles en jardinerie se contenteront d’eau du robinet, néanmoins, il est préférable de lui ajouter du pH down « grow » (acide nitrique), en visant un pH de 6. Cela abaisse la quantité de calcaire dans l’eau en produisant du nitrate de calcium, qui lui, est assimilable par les plantes.
Substrat :
Plusieurs possibilités sont offertes, à partir du moment où le mélange n’asphyxie pas les racines. On peut utiliser la laine de roche, le sphaigne, les chips de coco (à préparer pour éliminer certains sels minéraux indésirables) l’écorce de pin, avec ou sans ajout de tourbe…
Il est généralement conseillé aux débutants d’utiliser des mélanges d’écorce de pin + tourbe. Nous utilisons ici de la laine de roche Grodan growcubes en morceaux de 1cm mais il est nécessaire d’acquérir un pH-mètre et un EC-mètre pour contrôler l’arrosage et les apports d’engrais et éviter les mauvaises surprises.
Engrais :
Plusieurs possibilités sont offertes en fonction de l’eau et du substrat utilisés.
|
Type d’engrais |
Substrat organique |
Substrat minéral* |
|
Eau douce |
Orchid Focus |
Orchid Focus, et tout engrais équilibré non acidifiant et pauvre en phosphore (type NPK 3/2/3). |
|
Eau du robinet non traitée |
Tout engrais équilibré pauvre en phosphore (type NPK 3/2/3) est susceptible de convenir s’il est acidifiant (N uréïque) |
Combinaison à éviter |
|
Eau du robinet traitée à l’acide nitrique |
Orchid Focus, et tout engrais équilibré non acidifiant et pauvre en phosphore (type NPK 3/2/3). |
Orchid Focus, et tout engrais équilibré non acidifiant et pauvre en phosphore (type NPK 3/2/3). |
* Sur substrat minéral, il est indispensable d’apporter des suppléments de vitamines/hormones/acides organiques pour éviter des carences complexes. On utilisera donc régulièrement Canna Rhizotonic, Supervit et/ou Superthrive.
Les genres les plus répandus et leur culture :
Des fiches de culture sont mises à votre disposition ici même pour les genres les plus courants en jardinerie, mais si vous souhaitez en savoir plus, n’hésitez pas à visiter l’adresse http://www.orchideefantome.com/forum
|